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Gaspard des profondeurs dans PSYCHASOC

Publié par le dimanche 25 octobre 2015 à 16:06 dans Presse | 1 commentaire

Yann RAMBAUD, 2014, Gaspard des profondeurs, Hachette, Romans, 299 p.

…C’est le récit d’un voyage initiatique, entre rêve et réalité… On y suit les péripéties d’une quête, celle du père mais aussi de soi. Il y est question de liens familiaux, du sentiment d’abandon, de révolte, de rencontres, d’amitié, de solidarité, de deuil…
Voici une histoire qui peut se lire à plusieurs niveaux. Un conte fantastique, peuplé de personnages imaginaires rencontrés dans le rêve. Certains sont amicaux et d’autres, dangereux, inquiétants, menaçants… Parmi ces personnages, « le molosse », un chien monstrueux, empli tout entier de colère et prêt à massacrer ceux qu’il croise sur son chemin… Un conte fantasmatique, dans la mesure où il est énoncé à Gaspard que ces personnages sont dans « les profondeurs », en lui, et qu’il va falloir qu’il apprenne à faire avec, qu’il lui faudra les combattre ou s’en faire des alliés, et qu’il lui faudra découvrir aussi qu’il a en lui des ressources…
Si l’imaginaire est « un espace de recours » comme le nommait le psychanalyste Jacques Lévine, on y trouve aussi des « personnes de recours ». Parmi eux, Mamie, que Gaspard retrouve dans ses rêves, dans une fonction qui a fait écho pour moi à celle de Dumbledor vis-à-vis d’Harry Potter. Mais ces aidants ou accompagnants sont multiples. On y rencontre un chat, un perroquet, une oie, un arbre, et bien d’autres… Gaspard peut compter sur eux et ils l’accompagnent dans sa quête. Cependant, lorsqu’il s’agit de quitter le monde du rêve et d’articuler « intérieur et extérieur », le garçon peut constater qu’il existe aussi des personnages de recours dans la réalité. Il en est ainsi d’Honoré, un autre garçon, devenu son ami. Il n’est pas seul face aux difficultés, face à l’incompréhensible ou à l’inadmissible. Entre rêve et réalité, entre intérieur et extérieur, il est, de plus, sollicité pour donner un coup de main et il découvre ainsi ses propres capacités à venir en aide aux autres.
Sachant que l’auteur fut éducateur spécialisé, le professionnel y verra aussi, par exemple dans le molosse, cette colère destructrice qui envahit tout, qui submerge tant d’enfants et d’adolescents, et qui met à mal éducateurs et institutions, cette colère qui prend sa source dans l’histoire de chacun d’eux et qui a besoin d’exutoires avant de pouvoir être transformée, utilisée comme une force intérieure… S’adressant à Gaspard, Mamie indique le chemin : « Peut-être suffit-il d’essayer de comprendre ce qui nous met vraiment en colère pour que celle-ci disparaisse, ou du moins s’atténue ».
Le professionnel, éducateur, enseignant, aidant, thérapeute…, selon ses référents théoriques, lira en filigrane ce qui relève de l’introspection, du refus de la réalité, du sentiment d’abandon, de la fuite dans l’imaginaire et en quoi celui-ci est aussi une instance de réparation, de l’empathie, de l’articulation entre conscient et inconscient, des processus transférentiels, du mécanisme de projection, du retournement passif-actif, de la sublimation, de l’image et de la construction de soi comme sujet désirant et en lien avec les autres, des processus de deuil, de la dépendance et de la séparation… mais aussi de ce qui fait l’essence de son propre accompagnement de ce jeune, sachant aussi que, comme ce qu’énonce Mamie à Idriss, le Touchécorce, « tu ne pourras pas le protéger indéfiniment, ni contre les autres, ni contre lui-même. » …
Toutefois, ce n’est pas l’essentiel de cet ouvrage qui assume son statut de fiction. Ce qui importe, c’est la lecture que peut en faire un enfant ou un adolescent. J’aurais envie de dire, que c’est un ouvrage « A bon entendeur Salut ! ». Chacun peut y faire la lecture qu’il peut ou qu’il veut.
L’enfant ou l’adolescent est toujours allé chercher dans les histoires, dans les contes et les mythes des réponses à ses questions, des outils face à ce qui l’inquiète, des réassurances face à ce qui lui fait peur, mais aussi des éléments pour se construire et pour grandir, dans l’articulation entre réel, imaginaire et symbolique. Les adolescents qui ont décerné le « Prix des collégiens de l’Hérault » à cet ouvrage ne s’y sont pas trompés…

Le 21 octobre 2015, Jeannine DUVAL HERAUDET
Superviseur PsychasocFacebook

1 Commentaire

  1. Ambre
    4 janvier 2016

    Je n’en suis qu’au premier chapitre mais je sais que j’aime déjà. J’ai acheter ce livre a la foire au livre de brive (Ambre, je sais pas si vous vous souvenez de moi) je pense que la suite ca être vraiment bien.

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